Sommeil Profond – Khaled Dawwa

Culture Expositions - Rétrospectives Sculpture Exposition

Du 10/11 au 10/12/2022, tous les jours.

Galerie Charivari
Sommeil profond - Khaled Dawwa

Sommeil Profond – Khaled Dawwa

Galerie Charivari
Quand ?
Du 10 Nov 2022 au 10 Déc 2022

Du 10/11 au 10/12/2022, tous les jours.

Combien ?
Gratuit
Où ?
Galerie Charivari
  • Adresse : 7 Rue Fontange - 13006 Marseille
  • Y aller

Né à Musyaff, à l’ouest en Syrie en 1985, l’artiste syrien Khaled Dawwa est diplômé de l’École des Beaux-Arts au Nord de damas en 2007, section sculpture. Dès le début de Révolution en 2011, il participe aux cris protestataires de manifestations puis rejoint l’aventure d’artistes et activistes pour la création d’un centre culturel indépendant à Damas, l’Atelier Al Boustan, lancé par le comédien Farès Helou.

Malgré les pressions de la police, Khaled travaille pendant trois ans dans ce lieu. Il s’y retrouvera presque seul, courant 2013. « Ma bataille, c’était de ne pas abandonner le projet ; sinon c’était comme si on abandonnait l’espoir ».

Au milieu de l’année 2013, le quartier de la ghouta où se trouve son atelier est bombardé, subit des attaques chimiques et Khaled grièvement blessé. Il est emprisonné à sa sortie de l’hôpital. Pendant deux mois, il subit un système de terreur dans différentes prisons, au milieu de l’agonie de prisonniers torturés et des corps.

« C’était une période terrible, c’était l’été. Il y avait des milliers de gens ; chaque jour, au moins dix personnes mourraient », décrit-il. « Leurs corps restaient deux jours à côté de nous, personne ne les retirait de la cellule… c’était fait exprès. »

Il reste abasourdi par cette traversée de l’innommable qui habite ses cauchemars. « Ils ont cassé les souvenirs dans ma tête », lance-t-il.

A sa sortie, il est incorporé de force dans l’armée, dont il réussira à s’échapper avant de fuir son pays par le Liban en septembre 2013 et de s’exiler l’année suivante en France où il arrive en octobre 2014. Il s’installe dans un premier temps à Marseille, puis rejoint Paris et ouvre un atelier à Vanves.

Ce long périple d’un an et demi, pendant lequel il a connu l’hôpital, la prison dans sa cellule, l’enrôlement, l’exil, intimement lié aux événements qui se déroulent en Syrie, traverse aujourd’hui son œuvre et lui imprime une marque profonde.

Sa pratique sculpturale s’enracine dans l’histoire sociale et politique de son temps et dans sa conviction que l’art a un rôle à y jouer. La révolution syrienne et, plus largement, les bouleversements qui ont affecté le monde depuis 2011 l’ont conduit à s’interroger sur la relation entre le peuple et le pouvoir, et entre l’art et la mémoire. La création est une arme politique autant qu’un outil de reconstruction personnelle.

Sa série « Compressés », la première exposée en France à la galerie Charivari, évoquait un enfermement aussi bien physique que mental.

Ses hommes de terre ( matériau de prédilection de khaled dawwa) et de bronze (qui donne un caractère d’immortalité aux hommes politiques) évoquent la dualité entre le peuple et l’autorité, entre la fragilité et la solidité. Réduites à l’impuissance par leur statufication ou bien percées d’une infinité de trous, ces figures masculines collées à leur siège incarnent l’ambivalence du pouvoir, dont la cible dépasse le seul personnage de Bachar el Assad.

La série « Debout » est une opposition physique au tyran qui présente des hommes ventripotents inertes assis dans leur fauteuil et appel à la dignité.

L’artiste y exprime sont point de vue riche et fait la dénonciation des potentats, de la dégradation, parle du pouvoir absolu, de l’expression de la puissance et destructeur du pouvoir tyrannique.

Celui qui est à l’origine de ses propres blessures, de son emprisonnement, puis de sa fuite pour la France. Mais ce n’est pas seulement la situation syrienne, l’actualité politique de son pays et des pays arabes ou les méthodes de destruction qu’il évoque. En agrémentant ses personnages de chiens, de barils d’explosifs, d’urnes électorales, il symbolise celui qu’il appelle : « Lui », le Pouvoir.

Ancrée dans la tragédie de l’histoire, l’œuvre de Khaled Dawwa a les traits de la satire, de la provocation, de l’absurde, et a pu évoquer « Ubu Roi », la pièce d’Alfred Jarry (1896), dont le personnage a des traits physiques proches. Mais l’œuvre de Khaled Dawwa n’est pas une farce, c’est une réalité internationale, une invitation à ne pas baisser les bras.

Car comme le dit Khaled Dawwa à propos de l’exposition « Debout ! (Le Roi des Trous) » : « les trous, dans certains de mes travaux, sont un moyen pour saper la solidité du système, pour le fragiliser.

C’est ma façon d’exprimer ma frustration devant l’état du monde qui m’entoure. J’ai passé des heures à perforer les statues, celles de terre comme celles de bronze. C’est une tentative pour percer la masse, pour briser le mur. »

Publié par : Ville de Marseille